EVENEMENTS DU SE-UNSA
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* MUTATION INTRA *
Le SE-Unsa a voté contre le décret instituant l’aide mutualisée, une
nouvelle forme d’aide aux élèves en situation de handicap, qui pourrait se traduire par une dégradation de la qualité de l’accompagnement, faute de garde-fous suffisants.
La quasi-totalité du Conseil Supérieur de l’Education s’est
prononcée contre ce projet de texte (35 voix contre, 3 abstentions) qui n’apporte pas de réponse satisfaisante aux principaux problèmes rencontrés sur le terrain et qui présente des risques de
dérives importants dans un contexte budgétaire difficile.
Le texte introduit des critères quantitatifs (nombre de demi-journées de
scolarisation) pour évaluer le besoin d’aide individuelle ou d’aide mutualisée alors que ces deux aides sont censées être de nature différente : le choix de l’une ou de l’autre doit
relever exclusivement de l’évaluation des besoins de l’enfant. De plus, en cas de pénurie d’aide individuelle, la tentation sera grande de regrouper des élèves handicapés dans un établissement ou
une école disposant d’un assistant de scolarisation-aide mutualisée, à rebours de l’esprit de la loi de 2004 qui prône l’inclusion dans l’école de proximité.
Le SE-Unsa se bat aux côtés des assistants de vie scolaire pour une
véritable professionnalisation de l’accompagnement des élèves handicapés. Cette revendication reste toujours au point mort, ce décret n’apporte aucune avancée pour les AVS, ni en terme de
pérennisation de leur emploi, ni en terme d’organisation de leur service.
Le ministère entendra-t-il ce rejet quasi-unanime du décret et
amendera-t-il son projet ? Ou les considérations budgétaires l’emporteront-elles une fois de plus sur l’intérêt des enfants ? La balle est dans le camp du ministre.
Nouvelle mobilisation : avec "L’appel des RASED", le SE-Unsa s’engage à nouveau pour le soutien des RASED (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).
Après le 4 pages «Ecole abandonnée, élèves sacrifiés » diffusé nationalement, dans le cadre du collectif national RASED, le SE-Unsa vous invite à signer l’appeldesrased pour dénoncer les nouvelles suppressions massives de postes d’enseignants spécialisés, programmées pour la rentrée 2012. Il rappelle que 5000 postes d’enseignants spécialisés en RASED ont été détruits depuis 2008.
Inadmissible : 250 000 élèves des écoles maternelles et élémentaires ne bénéficieront plus d'aucune aide spécialisée à la rentrée, alors que toutes les ressources devraient être mobilisées pour assurer la réussite de tous !
« Sauver et développer les RASED, c’est défendre une école pour tous »
De nombreux chercheurs et personnalités sont signataires de cet appel, parmi lesquels :
Jacques BERNARDIN, Rémi BRISSIAUD, Albert CICCONE, Boris CYRULNIK, Eric DEBARBIEUX, Jean-Claude EMIN, Roger ESTABLET, Jacques FIJALKOW, Sylviane GIAMPINO, Roland GOIGOUX, Richard HOROWITZ Philippe JOUTARD, Françoise LANTHEAUME, Claire LECONTE, Claude LELIÈVRE, Maryse METRA, Hubert MONTAGNER, Nicole MOSCONI, André OUZOULIAS, Eric PLAISANCE, Erick PRAIRAT, Jean-Yves ROCHEX, Alain SERRES, Serge TISSERON...
Le collectif RASED est composé :
Pour signer et faire signer cet Appel des RASED :
L’académie de la Guadeloupe présente un déficit en psychologues scolaires. Sur 39 postes, 8 sont vacants et tenus, à titre provisoire, par des personnels ayant accepté de se préparer au master2 de psychologie leur permettant d’être, à terme, titularisés.
Pour les accompagner dans cette démarche, le rectorat a pris l’engagement de participer aux frais d’inscription à l’université, à hauteur de 50%.
Cette formule est longue et incertaine car la préparation des diplômes universitaires (M1 puis M2) s’ajoute au travail demandé au quotidien et le découragement apparaît chez quelques uns.
Afin d’accélérer le processus de résorption et d’accentuer le soutien à la formation des personnels, il apparaît souhaitable de proposer une nouvelle formule s’ajoutant à la précédente.
Les personnels sollicitant un congé de formation pour suivre la préparation au DEPS (Diplôme d’Etat de Psychologue Scolaire) organisée par Bordeaux (ou, sous réserve de dérogation, Paris), seront soutenus par une priorité accordée à hauteur de 3 ETP lors de l’étude des demandes de congés de formation.
Cette solution, qui nécessite un effort financier et personnel important pour les intéressés, présente l’avantage de la rapidité, le diplôme d‘Etat pouvant être obtenu en un an à partir de la licence, et de l’efficacité, car il prépare au métier de psychologue scolaire, ce qui n’est pas le cas pour le M2.
Le Collectif RASED* se mobilise à nouveau sur les mesures drastiques opérées en carte scolaire dans les départements, notamment en ce qui concerne les postes "hors classe" qui ciblent en effet particulièrement les RASED. Pour cela, il interpelle tous les acteurs de l’Ecole par le biais d’une publication grand public "RASED Sabordés, Ecole Abandonnée, Elèves Sacrifiés", et par l’adresse d’une carte au Président de la République : "Arrêtez le massacre, l’Ecole vacille".
Alors que déjà plus de 2500 postes RASED ont disparu à la rentrée 2011, les informations qui remontent des départements sur ces postes sont alarmistes. Pour 2012, 1200 postes RASED seront supprimés selon les estimations déjà faites dans 50 départements. Une volonté généralisée vise à saborder les RASED et l’école tout entière.
Un désastre pour les aides spécialisées : 90 fermetures en Gironde, 21 dans le Jura, 30 dans le Tarn, 30 à Paris, 81
en Seine et Marne, 21 dans l'Orne, 40 dans l'Hérault, 21 dans le Doubs, 40 dans l'Aisne…
La nouvelle carte scolaire révèle un véritable abandon du service public d’éducation.
Suppression des RASED, augmentation des effectifs par classe, dégradation des formations initiale et continue des maîtres, diminution des postes de remplaçants, de conseillers pédagogiques, abandon de la scolarisation des 2 ans, conditions dégradées de scolarisation pour les élèves en situation de handicap : l’école tout entière est touchée avec des conséquences tragiques pour les plus fragilisés de ses élèves.
Le ministère a décidé de tirer à boulets rouges sur les postes des RASED et saborde ainsi le seul dispositif gratuit d’aides spécialisées à l’intérieur de l’école, déjà largement attaqué et sinistré depuis 2008.
L’école est menacée, il est urgent de la défendre !
Sauvons et développons les RASED !
* Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté
* AFPEN, AGSAS, FCPE, FNAME, FNAREN,ICEM, SE-Unsa, Sgen-CFDT, SIEN UNSA, SNUipp-FSU, SN PSYEN, SUD-éducation et le soutien des nombreuses associations et organisations qui ont contribué au collectif depuis 2008.
Communiqué du 26 janvier 2012.
Réactions du SE-UNSA sur le rapport parlementaire sur les RASED
Le sort funeste réservé aux RASED se confirme
Alors que les enseignants des RASED sont présentés par les auteurs du rapport comme “dévoués et remarquables “(p. 5), et que selon eux, il ne faut surtout pas les supprimer « nous ne voulons pas, de manière unanime, je suppose, d’une asphyxie lente des réseaux » (p. 43), les scénarios qu’ils proposent mènent tous inexorablement à leur démantèlement. Hypocrisie ou manque de conviction ?
Une incompréhension profonde de l’action des RASED
On apprend par exemple que “ce type d’action (les aides spécialisées), à raison, en moyenne, de deux
séances par semaine, d’une durée de quarante-cinq minutes chacune, ne permettrait pas d’obtenir des évolutions significatives, le mouvement de prise en charge étant trop long. Pour parvenir à des
résultats, le volume d’intervention à respecter, pour des aides ciblées, devrait donc être au moins égal à trente minutes par jour” (p. 28).
Cela traduit une incompréhension profonde du fonctionnement des RASED qui peuvent
offrir aux élèves rencontrant des difficultés des réponses souples, adaptées et vraiment personnalisées. On sent la volonté de déterminer et d’instaurer des protocoles figés qui seraient
“efficaces pour tous”.
De plus “l’extraction” (p. 28) des élèves de la classe semble être un vrai point d’achoppement ; pas de
mention du fait que l’aide en classe existe déjà, pas de conscience que la sortie de la classe peut être indispensable dans certains cas et que le contenu “manqué” peut être négligeable au regard
des bénéfices retirés de l’aide spécialisée. On retrouve bien ici l’idée que l’élève ingurgite des connaissances à l’école en omettant tout ce qui lui permet ou non d’apprendre.
Une évaluation datée
Il est fait référence tout au long du rapport à une évaluation du dispositif RASED menée il y a 15 ans (!) : quelle fiabilité accorder à une évaluation aussi ancienne alors que les modalités d’actions des RASED ont évolué depuis. Quant au regret réitéré qu’il n’y ait aucune étude plus récente, il faut renvoyer la responsabilité de ce manque aux responsables que sont les autorités ministérielles.
Des pistes désordonnées
Ce rapport propose pêle-mêle des pistes de réflexion : faire de l’aide spécialisée
sur les temps d’aide personnalisée, favoriser des actions massées (par exemple 6 à 8 h de prise en charge par semaine p. 29), remédier dans la classe, avoir un rôle de conseil auprès des
collègues, sédentariser les enseignants spécialisés pour éviter le côté “ponctuel” des interventions... Certaines ne seraient pas dépourvues d’intérêt dans le cadre d’une pérennisation
des RASED avec un vrai souci de répondre aux besoins des élèves. C’est hélas loin d’être le cas !
Le SE-UNSA n’a pas manqué pourtant de pointer les dangers de la sédentarisation
(p. 26), les difficultés spécifiques aux zones rurales (p. 29), l’importance de la prévention en maternelle (p. 37) mais aussi d’autres éléments qui ne figurent pas dans le rapport comme
l’importance du travail effectué auprès des familles, l’aide à l’orientation des élèves (enSEGPA)...
Des scénarios imprécis mais à l’issue fatale
Il est impossible de rendre compte de façon synthétique du contenu du rapport tant il part dans tous les sens, mais voyons de plus près les scénarios qu’il propose.
Le premier part du principe que le “nœud du problème” (p. 32 mais quel est le
problème !) est la distinction entre maître E et maître G. Il préconise donc une suppression de la distinction entre aide rééducative et aide pédagogique,
considérant que “les maîtres G,
dispensant les aides à dominante rééducative, « se démarquent de leur mission
de
restauration des apprentissages scolaires en faisant un travail de psychothérapeute,
qui devrait être effectué en centre médico-psychopédagogique»” (p. 32). Il est également “reproché” aux maîtres G de favoriser les prises en charge
individuelles et qui plus est “hors classe”. Donc il ne resterait que des aides à dominante pédagogique avec la probabilité forte d’un recentrage sur les élèves en
situation de handicap. On sortirait donc du cadre de la “difficulté scolaire ordinaire”.
Par ailleurs “M. Luc Chatel, lui, a estimé que « la distinction
[entre maîtres E et G] n’a pas vocation à disparaître tant que nous ne disposerons pas d’une évaluation plus fine »” (p. 34). Difficile de s’y retrouver.
Ce premier scénario préconise aussi une poursuite de la sédentarisation des enseignants
spécialisés.
Le second scénario consisterait à “sédentariser les maîtres E dans les écoles à plus forts besoins et à organiser des réseaux ou des équipes de maîtres G par département ou bassin scolaire. Ce schéma permettrait aux enseignants dispensant l’aide à dominanterééducative de continuer à intervenir sur un secteur comprenant plusieurs écoles et de soulager ainsi les équipes enseignantes se trouvant démunies face aux troubles du comportement de certains élèves” (p. 36). Ce qui revient à supprimer la souplesse des réseaux, donc la notion même de RASED, à exclure les élèves en zone rurale et les élèves en difficulté des établissements non-prioritaires. De plus on notera que les “équipes volantes” de maîtres G auraient pour objectif de “soulager les enseignants”. Et les élèves ?
En conclusion
Ce rapport très confus n’arrive à aucune proposition claire, ce qui n’est pas étonnant puisqu’au fond la
suppression de 5700 postes dans le primaire sans toucher au nombre de classes ne peut que conduire à la condamnation des RASED.
On appréciera néanmoins que les auteurs du rapport n’aient pas pu nier leur utilité et les compétences
des enseignants spécialisés. Les deux rapporteurs, issus de l’UMP, n’ont pas voulu se désolidariser de la politique désastreuse du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux
partant à la retraite.
Le SE-UNSA continue de se mobiliser pour défendre les RASED
Alors que toutes les préconisations actuelles
confortent la nécessité de lutter contre l’échec scolaire, le SE-UNSA condamne la suppression de 5700 postes prévue dans le premier degré qui cible à nouveau
les RASED.
Cette approche ne tient pas compte des besoins des élèves et des écoles, ni de l'avis des parents. Elle conduit tout droit à la désorganisation définitive des RASED, à leur
disparition à très court terme et au renforcement des inégalités dans l’école publique.
Le SE-UNSA continue de se mobiliser au sein du collectif RASED* pour relancer le débat public sur les aides spécialisées, en adressant une lettre
ouverte à l'ensemble des élus de la nation dans cette période de vote du budget, sur la nécessité de préserver les RASED et les moyens de l'école, pour accompagner tous les
élèves vers la réussite scolaire. Il participera à des réunions débat organisées dans les départements avec les différents partenaires, à partir de la diffusion du film de
la FNAREN « Un parmi les autres ». Il demande aussi une audience au ministre de l'Éducation Nationale pour connaître ses intentions concernant le
devenir des RASED.
*Le collectif RASED rassemble les associations professionnelles (AFPEN, FNAME, FNAREN, ANCP), les organisations syndicales (FO, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SIEN-UNSA, SNPI-FSU, SNUIPP-FSU, Snpsyen, SUD-Educ, UNSEN-CGT), les associations de parents (FCPE, PEEP), ainsi que les mouvements pédagogiques (AGSAS, GFEN, ICEM-pédagogie Freinet)
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